« Le Siècle du populisme » de Pierre Rosanvallon

Bruno EHRHARDT « on va évidemment employer le terme « populisme » pendant cette période électorale à Moreuil! Je vous invite à suivre la première partie de cette émission qui traite de ce mot au travers du livre récent de Pierre Rosanvallon »

https://www.franceculture.fr/emissions/avis-critique/le-siecle-du-populisme-de-pierre-rosanvallon-pourquoi-de-philippe-huneman

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, salue les fans lors de la Coupe du Monde , Brésil 2019.  Match entre l'Italie et le Paraguay au Valmir Campelo Bezerrao Stadium (3/11/2019)
« Populisme » pour Pierre Rosanvallon qui boucle plus de vingt ans de réflexion sur cette notion qui s’est imposée selon lui comme l’idéologie ascendante du XXIe siècle. L’historien et sociologue propose dans Le Siècle du populisme  : histoire, théorie, critique paru au Seuil, une approche à la fois historique, théorique et critique qui manque encore… et pour cause, il reste très difficile de parler du phénomène au singulier. Un projet finalement autant intellectuel que politique pour permettre d’en finir avec les stigmatisations impuissantes et dessiner des alternatives.

Pierre Rosanvallon – Le Siècle du populisme : histoire, théorie, critique 

Je vous propose de commencer par le livre de Pierre Rosanvallon Le Siècle du populisme : histoire, théorie, critique publié au Seuil. L’historien et sociologue, professeur au Collège de France, poursuit ici un travail engagé depuis le début des années 2000 sur les mutations de la démocratie contemporaine. Dans Le bon Gouvernement paru en 2015, Rosanvallon partait de l’affirmation selon laquelle « Nos régimes sont dits démocratiques parce qu’ils sont consacrés par les urnes… Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement ». Ce constat lui sert de point de départ pour comprendre le populisme qui, selon ses propres mots, « révolutionne la politique du XXIe siècle ».

Car il s’agit bien dans ce nouvel essai de prendre au sérieux la proposition politique populiste en réponse à une crise de la démocratie… même si elle est difficilement saisissable comme l’historien et sociologue le reconnaît lui-même. Car si « populisme » est un mot en caoutchouc, c’est que son emploi est désordonné, mais pas qu’il ne veut rien dire. En réalité, malgré un nombre considérable de livres qui lui sont consacrés – un rapide sondage de cette émission montre qu’il en a été question au moins 18 fois en un peu plus de deux ans – la théorie du phénomène se fait toujours attendre. On continue à le réduire à un simple symptôme, à sa dimension protestataire, sans prendre en compte son histoire, ses fondements intellectuels… et donc sans pouvoir mener une critique sérieuse.

C’est ce à quoi s’attelle ce livre, on l’aura compris, qui se lance dans une confrontation radicale avec son sujet. Qu’il soit de gauche ou de droite le populisme relève d’abord d’une dynamique plus ou moins fantasmée de reprise du pouvoir sur une élite supposée corrompue par un peuple supposé vertueux. Il propose donc une vision puissante et attractive de la démocratie. Il faut en faire à la fois l’anatomie et la généalogie afin de dessiner des pistes pour une alternative.  

Cet ouvrage marque un tournant, celui de vouloir faire une théorie politique du populisme, c’est-à-dire de le traiter non pas tant comme une réaction, mais comme une action, non pas comme une somme d’émotions, mais de déterminer ce que peut être une raison populiste. Et donc il va s’attacher à décrire, à critiquer la théorie populiste de la démocratie donc sa vision du peuple, sa conception de la représentation, sa philosophie économique et évidemment aussi sa mobilisation des émotions. (Béatrice Bouniol)

Les questions qu’il pose sont assez simples… Elles sont fortes par leur évidence. Est-ce que les populismes sont un phénomène électoral, un mouvement de société, un courant politique, une idéologie avec son histoire, avec ses idéologues ? C’est ça qui est intéressant. C’est le but, c’est d’essayer de faire comprendre l’essence (mais en un seul mot) des populismes, c’est-à-dire qu’est ce qui fait leur unité, leurs fondements, leurs idéologies, leurs socles, etc. Et en même temps, de voir qu’est ce qui les différencie dans les réalités en prenant le recul historique en allant du XIXe siècle à aujourd’hui ? (Aliocha Wald Lazowski)

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