Des gestes pour passer l’hiver au chaud sans monter le thermostat

Aujourd’hui, des solutions pour être bien chez soi sans augmenter le chauffage même en période de grand froid.

Le chauffage représente 60 % de la consommation d’énergie d’un logement.Le chauffage représente 60 % de la consommation d’énergie d’un logement.

« T’as froid ? Tu n’as qu’à augmenter le chauffage ! » Et si cette petite phrase qu’on prononce presque sans réfléchir faisait bientôt partie du passé ?

Le chauffage représente 60 % de la consommation d’énergie d’un logement. Coûteux pour vous, il l’est aussi pour la planète : le bâtiment, en France, c’est 45 % de la consommation d’énergie et un quart des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique et de l’érosion de la biodiversité. « Si la France veut atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, le plus gros effort, avec le transport repose sur le bâtiment », observe Danyel Dubreuil, coordonnateur de l’initiative « Rénovons » au sein du CLER (Réseau pour la transition énergétique). Cette bataille passe notamment par la rénovation complète des 35 millions de logements, dont 7,5 millions sont mal isolés, aux normes « bâtiment basse consommation » (BBC) – pour l’instant, on en est loin…–, le développement des énergies renouvelables ou encore le changement de nos habitudes.

« Un degré de moins chez soi, c’est 10 % d’économie d’énergie et autant d’émissions de CO2 en moins », indique Florence Clément, coordinatrice de l’information grand public à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Comment s’y prendre pour passer l’hiver au chaud sans tourner le thermostat au maximum ? Voici une série de gestes à adopter pour agir dès maintenant.

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Niveau débutant : se calfeutrer et réguler son chauffage

Installez des déshumidificateurs et vérifiez que votre ventilation fonctionne bien en plaçant une feuille de papier très fine à l’entrée.
Installez des déshumidificateurs et vérifiez que votre ventilation fonctionne bien en plaçant une feuille de papier très fine à l’entrée. JOYELLE WEST / GLASSHOUSE / PHOTONONSTOP

1) Lutter contre l’humidité. Le premier conseil, en matière de chauffage, est de ne pas se fier uniquement à la température affichée par le thermomètre. « Vous pouvez chauffer à 20 °C et avoir une désagréable sensation de froid. Il y a d’autres facteurs qui jouent, comme l’humidité ou les courants d’air », remarque Florence Clément. En se déposant sur votre corps, les minuscules gouttelettes d’eau en absorbent les calories. Pour y remédier, installez des déshumidificateurs et vérifiez que votre ventilation fonctionne bien en plaçant une feuille de papier très fine à l’entrée : « La feuille doit adhérer à la bouche d’extraction. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il n’y a pas assez de tirage », poursuit-elle. Dans tous les cas, pensez à aérer entre cinq et dix minutes par jour maximum pour renouveler l’air.

2) Se calfeutrer contre le froid. Outre l’humidité, les courants d’air qui s’engouffrent sous les fenêtres et les portes de votre maison ou de votre appartement contribuent à neutraliser les effets du chauffage. Refaire les joints des fenêtres, installer un boudin au pied de la porte d’entrée, et pourquoi pas un « grand rideau comme chez nos grands-parents sont des petits gestes efficaces », assure Florence Clément. Pensez aussi, si vous habitez une maison ancienne à installer une trappe à votre cheminée, « véritable gouffre d’entrée d’air froid ! ».

3) Réguler son chauffage. Maintenant que vous avez repris le contrôle sur la circulation de l’air, il est temps de s’attaquer au chauffage : installables facilement sur quasiment tous les radiateurs et les chaudières, le thermostat et la programmation permettent d’adapter la température selon les heures de la journée – plus frais la nuit ou lorsque vous êtes absent : « Pour plus de confort, pensez à le rallumer une heure avant votre retour en appartement, deux heures dans une maison mal isolée, et plutôt trois si votre logement est ancien », recommande Nicolas Pichot, chargé de mission habitat au sein de Rénovation 42 à Saint-Etienne (Loire). A la clé : une économie de 5 % à 15 % pour un investissement compris entre « 150 et 400 euros l’installation d’une régulation programmable, selon les modèles, et 50 à 100 euros par robinet thermostatique », indique Florence Clément.

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Niveau intermédiaire : donner du sien

Plus efficace qu’une cheminée classique, le poêle est aussi plus écologique.
Plus efficace qu’une cheminée classique, le poêle est aussi plus écologique. STÉPHANE OUZOUNOFF / PHOTONONSTOP

1) Fermer les volets. Si vous avez des volets, prenez l’habitude de les clore chaque jour dès la nuit tombée, et de tirer les rideaux. Une petite contrainte, pour un grand effet : « L’air bloqué entre la fenêtre et le volet se transforme en isolant », pointe Florence Clément. Si votre logement n’en est pas équipé, c’est peut-être le moment d’investir. La journée, en revanche, ouvrez en grand afin de bénéficier du radiateur naturel que constitue le soleil.

2) Baisser le chauffage. Pour la santé comme pour l’environnement, l’Ademe estime que la température idéale de votre logement se situe autour de 19 °C le jour, et 17 °C la nuit. Impossible à supporter lorsqu’on a pris l’habitude de vivre en t-shirt à des chaleurs tropicales ? « L’idée n’est pas de chauffer toutes les pièces à 19 °C, mais d’atteindre cette température en moyenne sur l’ensemble du logement », nuance Florence Clément. La pièce à vivre peut-être à 21 °C, en revanche la salle de bain ou la chambre d’amis qu’on n’utilise moins, n’ont pas besoin d’être chauffées à fond.

3) Mettre un pull. Pour apprécier la fraîcheur sans peiner, prenez l’habitude de superposer les couches de vêtements en privilégiant « les textiles comme la laine, qui emprisonnent l’air », glisse Nicolas Pichot. La nuit en particulier, n’hésitez pas à jouer à la princesse au petit pois en rajoutant des couvertures. Et pourquoi pas une petite bouillotte pour les plus frileux ?

4) Allumer le feu. Si votre logement est chauffé à l’électricité ou au gaz de ville, adopter en appoint un poêle à bois, à bûches ou à granulés, peut permettre de gagner en confort, sans gros investissements. Plus efficace qu’une cheminée classique – le poêle restitue près de 95 % de la chaleur produite, contre 10 % seulement pour un foyer ouvert –, il est aussi plus écologique : « une flambée classique dégage beaucoup de poussière dans l’atmosphère », observe Nicolas Pichot. Pour bien faire, choisissez un modèle labellisé « Flamme verte sept étoiles ». Vous pouvez aussi équiper votre cheminée d’un insert.

Lire aussi Neuf gestes pour réduire sa facture d’énergie (sans prendre de douches froides)

Niveau confirmé : entreprendre des travaux de rénovation thermique

Si vous voulez vraiment réduire votre empreinte carbone, investissez dans des travaux d'isolation thermique.
Si vous voulez vraiment réduire votre empreinte carbone, investissez dans des travaux d’isolation thermique. ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP

1) Oser la rénovation thermique. Si vous habitez un logement construit il y a plus de dix ans environ, il y a de grandes chances que l’isolation laisse à désirer. Si voulez vraiment réduire votre empreinte carbone, et disposez d’un peu d’argent à investir, c’est LE point à améliorer. Des entreprises peu scrupuleuses surfent sur les aides publiques pour essayer de vous vendre des travaux de rénovation énergétique, mais attention : en la matière, il est important de « faire les choses dans l’ordre, à savoir d’abord isoler le toit, puis le plancher, les murs, et enfin les fenêtres avant de changer son chauffage », insiste Danyel Dubreuil.

Le « must » reste la rénovation complète et performante, qui permet en une seule fois l’isolation des menuiseries extérieures, du toit, des murs (par l’intérieur ou l’extérieur), du plancher bas, l’installation d’un système de chauffage performant et d’une ventilation double flux. « C’est le seul moyen d’isoler correctement son logement et de réduire durablement la facture énergétique », assure Vincent Legrand, directeur général de l’entreprise sociale Dorémi et gérant de l’institut Négawatt.

Sachant qu’une rénovation énergétique complète coûte très cher (plusieurs dizaines de milliers d’euros), il importe de bien choisir son moment – des travaux importants ou un ravalement par exemple. Et de se faire accompagner afin de bénéficier des solutions techniques adéquates et des nombreuses aides existantes. Les 840 conseillers du réseau Faire (Faciliter, accompagner et informer pour la rénovation énergétique) sont à votre disposition. Il existe aussi selon les territoires des plateformes locales ou régionales ou des acteurs comme Dorémi.

Lire aussi « Grâce à Dorémi, on se chauffe mieux, pour moins cher ! »

2) Convaincre ses voisins. Lorsqu’on vit en appartement, impossible de se lancer dans une rénovation thermique sans le feu vert de la copropriété. Et ce n’est pas une mince affaire… « Si le projet n’est pas mûr, allez d’abord en discuter avec les conseillers du réseau Faire, c’est gratuit, recommande Raphaël Claustre, directeur d’Ile-de-France Energies. Puis, discutez-en avec les autres copropriétaires. Si vous rencontrez une oreille attentive, essayez alors de les conduire à réaliser un audit architectural, énergétique et financier payant par un bureau d’études ou une société de tiers financement comme la nôtre. »

La plate-forme régionale qu’il dirige est spécialisée dans l’accompagnement des copropriétés à la rénovation globale. Diagnostic, conception du programme de travaux, simulations financières, puis suivi du chantier, leurs experts sont là du début à la fin du projet.

Argument massue pour convaincre vos voisins : «  Une copropriété qui lance une rénovation énergétique complète et performante a droit à des prêts collectifs sans condition et des aides très importantes», insiste Raphaël Claustre. Pour une durée d’amortissement comprise entre « cinq et quinze ans ». Et même avant, si on revend entre-temps. Dans une étude menée fin 2018, les notaires confirment l’impact de la classe énergétique sur le prix de revente, en particulier dans les zones où le marché est moins embouteillé : « Les appartements anciens d’étiquette A et B sont vendus en moyenne entre 6 et 21 % plus cher que les appartements d’étiquette D», conclut Raphaël Claustre.

3) Passer aux énergies renouvelables. Quitte à faire un geste pour la planète, et si vous en profitiez pour opter pour les énergies renouvelables ? Dans l’idéal, « votre chauffage fonctionnera alors uniquement à l’électricité, issue de sources d’énergie totalement durables, insiste Danyel Dubreuil. Cela demande un bâtiment performant et des consommations très réduites, ce qui n’est pas toujours évident. » Autres solutions : s’équiper d’une chaudière à bois – 6 000 à 20 000 euros –, d’une pompe à chaleur géothermique – 10 000 à 15 000 euros, pose comprise – ou aérothermique – 13 000 à 20 000 euros, pose comprise. Relativement chères à l’achat, les pompes à chaleur « sont économes à l’usage et performantes », assure l’Ademe dans son guide « Une maison plus écologique ».

Un pas vers la « neutralité carbone » que vise le projet de loi relatif à la transition énergétique (énergie climat) à l’horizon  2050…

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