CFTC et CGT pompiers préviennent leur direction d’une tempête sociale pouvant atteindre toute la Somme

CFTC (majoritaire) et CGT des pompiers de la Somme voient dans le conflit d’Abbeville l’illustration d’un malaise dans tout le département. La direction du SDIS 80 défend des changements jugés nécessaires et

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adaptés au monde d’aujourd’hui.

Le colonel Bertrand Vidot, directeur du Service départemental d’incendie et de secours de la Somme (SDIS 80) et son adjoint, le colonel Boulard, sont attendus ce jeudi 9 janvier à Abbeville. Ils confirmeront l’annonce du président du SDIS 80, Stéphane Haussoulier : quatre pompiers pros vont arriver en renfort pour « compenser un départ à la retraite, une inaptitude, une mutation et une incarcération ». « Oui, mais l a tempête vient de l’ouest et risque de s’étendre sur le département. Les dirigeants doivent prendre la mesure d’une situation qui pourrait très rapidement s’aggraver » lâchent Ludovic Goblet (SPASDIS-CFTC 80) et Didier Pollard (CGT SDIS 80).

Ils citent toutes les catégories de personnel et tous les centres de secours de la Somme… « Abbeville est symptomatique : Les thématiques nationales sont accentuées par un cruel manque de communication et de concertation. L a modification provisoire de l’organisation du temps de travail pour remédier à des manques s’y est faite sans concertation avec les partenaires sociaux et alors qu’un groupe de travail (syndicats et administration) planche sur le sujet.  Ces effectifs sont-ils pris ailleurs ? Est-ce provisoire ? On ne sait pas ».

Un glissement progressif de gardes de 24 à 12 heures… sans recrutements

Pour eux, le problème d’effectif dépasse Abbeville et Péronne (touchée aussi par une mobilisation). « De nombreuses autres unités souffrent d’une baisse des effectifs sans explications et orientations claires et officielles sur leur devenir. Les personnels des centres mixtes intermédiaires ont le droit de connaître les orientations pour se positionner en conséquence », martèlent les syndicats. La suppression de postes dans des unités périphériques profiterait selon eux à l’agglomération amiénoise et sert à passer progressivement de services postés de 24 heures à 12 heures et sans recruter. « À notre direction de confirmer ou infirmer et de ne plus laisser les personnels dans un flou artistique préjudiciable à tous ! Un agent en 24 heures est en caserne plus de 2 000 heures par an… pour 1 607 heures comptabilisées. En 12 heures, c’est 1 607 heures. Soit une perte d’environ 400 heures par agent. Pour quatre agents en garde 24 heures sortant des effectifs, il faut recruter quatre agents en garde 24, ou cinq en 12 heures, pour conserver la même présence  », revendiquent-ils.

Les syndicats demandent aux élus des communes de la Somme et aux conseillers départementaux d’être « acteurs du maintien de la qualité du dernier service public de proximité. Vos concitoyens, vos familles comptent sur vous. Il sera temps de se plaindre après, alors que vous avez l’opportunité d’agir. Les Samariens pâtissent d’une situation basée principalement sur des considérations budgétaires ».

CFTC et CGT des pompiers de la Somme demandent aussi à leur direction des orientations clairement définies et officialisées sur le plan des ressources humaines et des effectifs en centre, une révision des listes de défense (quelles casernes interviennent, et où ?) mise en place sans délais et une réorganisation du temps de travail sans conséquence sur la qualité de rendu opérationnelle

«Nous ne supprimons pas de postes» assure la direction

« Fin décembre, nous avons appris que le centre ne pourrait être dans les objectifs opérationnels vu l’effectif réel, pas théorique. La visite du 9 janvier était prévue. Il fallait aider Abbeville », explique la direction, qui se rendra à Péronne ce lundi 13 janvier. « Sur 410 pompiers pros dans la Somme, effectif voté au budget 2020 et validé par toutes les instances, 346 sont opérationnels ! 86 % ! Le reste va à l’encadrement, l’administratif etc. Je veux mettre des pompiers dans les ambulances, je veux des jeunes recrues là où il y a de l’activité, insiste le colonel Vidot. Trente pompiers ont été recrutés en 2019, 12 au 1er janvier 2020. Oui, en 2018 et 2019, les affectations ont concerné l’agglomération d’Amiens, dont le plan de défense a été revu (Ndlr : agrandissement de la caserne Ferry, réduction de Catelas avant fermeture et construction d’un centre près du siège du SDIS 80). Maintenant, les efforts vont aux autres secteurs. Des ambulances vont aussi être livrées aux zones les plus éloignées des hôpitaux amiénois ». Ce qui conduit à l’autre sujet qui fâche : des recrutements en services de 12 heures en lieu et place d’agents postés sur 24 heures. « La garde de 24 heures est un régime de travail dérogatoire non conforme à une directive européenne, et surtout un risque pour la santé. Ce changement de culture passe mal, ce qui est compréhensible. Mais nous optimisons l’organisation du travail : coller à l’activité humaine, mettre des pompiers sur le terrain quand et où il y a des besoins », réplique le colonel.

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