Charité, don, mécénat, philanthropie : Vouloir le bien d’autrui. Du « bon » et du « mauvais pauvre » : une histoire de la charité

https://www.franceculture.fr/emissions/matieres-a-penser/matieres-a-penser-emission-du-lundi-30-decembre-2019

L'Abbé Pierre avec des enfants sans toit à Challes-les-Eaux (Savoie), durant l'hiver 1954.

Avec Axelle Brodiez-Dolino, sociologue, chercheuse au Centre Norbert-Elias (Marseille), membre de l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) et du conseil scientifique du Comité d’histoire de la sécurité sociale.

Depuis la fin du Moyen Âge et jusqu’au second tiers du XXe siècle, des lignes de partage sont restées étonnamment immobiles dans les représentations de la pauvreté, en dépit de changements politiques, économiques et sociaux majeurs. A travers l’histoire de la pauvreté/précarité et de l’humanitaire, décider qui peut recevoir, et quand, dessine les frontières des systèmes d’assistance. En France, l’appel historique de l’Abbé Pierre en 1954 et l’action du père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-monde, ont marqué un tournant majeur. 

quelques citations :

Il y a un premier clivage dans la pauvreté, qui est si vous êtes ou non en capacité de travailler (à partir du 14e siècle environ). Ceux qui n’ont pas la force de travail de façon évidente, qu’ils soient vieux, handicapés ou trop jeunes, ceux là, sont des bons pauvres et ils méritent l’assistance de la société. C’est pour cela qu’on appelle souvent, en France, comme dans la terminologie anglo-saxonne, des pauvres méritants ou non méritants.

Il faudra attendre la Troisième République pour voir l’assistance, telle qu’on la connaît véritablement, se mettre en place.

On parle toujours du taux de chômage en France, qui est quelque part entre 8 et 11%, depuis trois à quatre décennies. Mais le taux de chômage en soi ne dit rien : si les gens sont au chômage juste parce qu’ils ne veulent pas travailler, on n’a rien dit. En fait, ce qu’il faut mettre en regard, c’est le nombre d’emplois disponibles et le nombre de personnes qui cherchent un emploi.[…] La France, et le système occidental, a érigé le travail comme valeur centrale, et donc, ne pas avoir de travail, non seulement c’est ne pas correspondre à cette valeur, mais en plus, tout simplement, c’est se sentir inutile à la société. […] Toutes les associations voient bien que les gens veulent travailler et sont demandeurs. C’est juste qu’il n’y a pas assez de travail pour tout le monde.

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