Redéfinir le contrat social pour que les femmes puissent pleinement utiliser leurs talents

 

Minouche Shafik : « Redéfinir le contrat social pour que les femmes puissent pleinement utiliser leurs talents

Les systèmes de protection sociale sont fondés sur une répartition genrée des rôles, dont la remise en question invite à en modifier l’architecture, constate l’économiste M Shafik dans une tribune au « Monde ».

Minouche Shafik : « Redéfinir le contrat social pour que les femmes puissent pleinement utiliser leurs talents

Chaque société repose sur un ensemble d’institutions, de politiques et de lois à l’égard de ceux qui ont besoin de soutien. Dans les sociétés traditionnelles, ces obligations incombent principalement aux familles. Dans les économies avancées, l’Etat et les marchés (à travers l’assurance-maladie et les retraites) en assurent une part plus importante. Même dans ce dernier cas, une grande partie du contrat social est acquittée par les familles, la société civile et les employeurs, qui doivent cotiser à l’assurance-maladie et à l’assurance-chômage.

Le contrat social n’est pas synonyme d’Etat-providence. L’Etat social ne doit pas être compris comme un mécanisme de redistribution, mais comme une source de productivité et de protection tout au long du cycle de vie. Comme l’a montré John Hills, professeur à la London School of Economics, la plupart des gens contribuent autant à l’Etat qu’ils reçoivent en retour (Good Times, Bad Times – The Welfare Myth of Them and Us, Bristol University Press, 2017, non traduit).

Minouche Shafik : « Redéfinir le contrat social pour que les femmes puissent pleinement utiliser leurs talents

La vieille économie

Les Etats-providence d’aujourd’hui sont encore conçus pour la vieille économie, où les soutiens de famille masculins cotisaient à des assurances sociales fiables tout au long de leur vie, tandis que les femmes restaient à la maison pour élever leurs enfants et s’occuper des jeunes et des personnes âgées. Mais, pour la première fois de l’histoire, le nombre de femmes dans l’enseignement supérieur dépasse celui des hommes. Les femmes instruites ont moins d’enfants, davantage de chances de trouver un travail rémunéré et ressentent de plus en plus de tensions entre leur participation au marché du travail et leurs responsabilités familiales. La réduction de l’écart entre les sexes présente des avantages considérables pour la croissance. Le défi consiste donc à redéfinir le contrat social, afin que les femmes puissent pleinement utiliser leurs talents sans perte de cohésion sociale.

Dans les économies avancées, cette tension est au centre des débats sur la garde des enfants et la baisse des taux de natalité. Le vieillissement de la société signifie qu’une population en âge de travailler moins nombreuse doit faire face à une augmentation rapide du coût des soins de santé et des retraites. Pire encore, la population en âge de travailler a déjà moins de sécurité que les générations précédentes, en raison du déclin des pensions et du manque d’accès à l’emploi ou la formation.

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