Les besoins artificiels : comment sortir du consumérisme

Pour découvrir le livre de Razmig Keucheyan Les besoins artificiels : comment sortir du consumérisme (cf le lien en bas de cet article)

 "Les besoins artificiels" de Razmig Keucheyan / "Le Marché contre l’humanité" de Dominique Bourg

, publié chez Zones. Razmig Keucheyan est sociologue, professeur à l’université de Bordeaux, et ses recherches portent sur le lien entre le capitalisme et l’environnement, dans une perspective historique et sociologique. Dans La nature est un champ de bataille publié chez le même éditeur en 2014, il s’intéressait aux inégalités environnementales, à la financiarisation de la nature afin de montrer que derrière un apparent consensus pour sauver la planète se joue une véritable lutte politique. Il s’agit donc moins de « dépasser les divisions » que de faire un choix clair… et ce choix porte évidemment sur l’avenir du capitalisme industriel, productiviste et « extractiviste », responsable de la crise écologique.

Ce nouvel essai s’ouvre sur un prologue à propos du droit à l’obscurité, qui montre bien à la fois la démarche du sociologue, et toute la complexité de son sujet. La démarche, c’est d’actualiser par des exemples et des préoccupation contemporaines très concrètes – la pollution lumineuse mais aussi les troubles de consommation compulsive, le système de garantie des marchandises, le passage des supermarchés à l’achat en ligne – d’actualiser donc à travers ces préoccupations la théorie des besoins. La complexité, c’est le choix d’une approche macrosociologique qui croise la théorie économique et philosophique. Keucheyan revient en effet aux écrits de Karl Marx, André Gorz ou encore Agnes Heller qui ont pensé la notion de besoins artificiels. L’objectif, c’est de répondre à cette fameuse question : de quoi avons-nous vraiment besoin ? Puisque nous savons que la terre est finie et que le capitalisme se fonde sur une croissance infinie, où va-ton placer le curseur et au nom de quoi ? 

Je trouve aujourd’hui qu’il y a une alliance entre les mouvements, pour le dire vite, les écologistes et le mouvement ouvrier qui est un enjeu probablement central des années à venir. Sur comment, précisément, cette convergence là entre des producteurs et des consommateurs et entre des militants ouvriers et militants écologistes peut exister. Et de cette manière, c’est peut être la seule voie politique pour résoudre ce problème de la consommation… (Jean-Marie Durand)

Razmig Keucheyan montre l’exemple sur la question de l’obsolescence programmée, mais également sur le moyen de faire perdurer dans le temps ces objets et de freiner cette course, cette spirale à la création, toujours de nouveaux besoins artificiels. Il nous invite à réfléchir sur la notion de garantie et il nous dit la garantie, c’est la lutte des classes appliquée à la durée de vie des objets. Et c’est un moyen, effectivement, de freiner la surexploitation de la main d’œuvre.(Laurent Etre)

https://www.franceculture.fr/emissions/avis-critique/les-besoins-artificiels-de-razmig-keucheyan-le-marche-contre-lhumanite-de-dominique-bourg

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s